patchwork, art textile, broderies, expos, la vie des clubs de patchwork du Tarn
Par bernie
KT, Une adhérente qui travaille dans l’ombre, le plus souvent au service des autres.
Cathy la cinquantaine resplendissante attend avec impatience la retraite pour pouvoir essayer de liquider son stock de textile récupéré. Les enfants ont quitté le nid, les petits enfants ne l’envahissent pas tout à fait et elle adore « récupérer »
Elle fait partie de celles qui sont venues au textile par la vue, le toucher, la récupération, le tissu inutilisable, les ouvrages de sa grand mère. Venue du nord pour élever des moutons sur le Larzac, elle est restée dans ce petit village du Tarn adorable qui gravite près de Cordes, un lieu envahi aussi dans le même temps par les artisans d’art et les peintres, un creuset culturel.
Sa sensibilité à fleur de peau lui fait prendre à cœur les soucis des autres femmes avec qui elle partage ses passions car elle est convaincue que le patchwork ce sont aussi le petit geste, un mot, un coup de fil qui suffisent à changer le moment présent en positif.
Elle est autodidacte, plutôt adepte de ce que l’on appelle l’art cru, avec une imagination débordante pour des textiles particuliers… la jute, les vieilles dentelles, les pompons des rideaux d’autrefois, voire le macramé Pas besoin de petits points, de gabarits, de fil à quitter, elle fait feu de tout ce qu’elle trouve. La présence d’une grand mère qui tient le crochet lui fait utiliser a profusion des bouts de dentelle récupérées ça et là.
Elle accumule sur un fond en fonction de ses idées, d’un thème, d’une impression, quand elle est satisfaite de l’impression rendue , elle accroche, elle rebrode, elle complète, pas la peine d’ajouter du molleton, parfois le tissu est si épais qu’elle s’en passe, pas la peine non plus de rajouter une bordure, son œuvre sort se promener dans l’espace qu’il soit ouvert ou contenu. La technique vient après au service de l’impression, de la nécessité.
Bien qu’admirative des œuvres classiques, elle trouve son épanouissement dans l’improvisation, le tissu lui donne l’idée et le plus souvent, l’idée évolue un peu au hasard. Elle a une préférence marquée pour les espaces bien remplis de tout petits morceaux. Il faut dire que chaque jour avec du fil elle traduit son métier…coudre a tout petits morceaux, les bribes de vies éparses qu’on a bien du mal a recentrer…elle est infirmière psychiatrique auprès de personnes âgées. Des vies qui remplissent la sienne et déversent souvent dans son œuvre.
Elle participe au concours du Pastel organisé par le Tarn en 2001, elle gagne le 3e prix contemporain avec « A la tombée de la nuit » un petit paysage . Si elle participe peu aux concours et aux expo c’est surtout par manque de temps, elle le partage un peu trop au service des autres.
Pour l’exposition sur la Garance elle dérange les cœurs avec une évocation de la guerre de 14 surprenante. En 2007 elle expose au « théâtre du Colombier avec un groupe de femmes créatives « jeux d’Elles » le résultat est étonnant. Un sous bois à l’odeur de noisette nous a toutes enthousiasmées.
A l’atelier….elle vogue à sa façon…et revient quelques temps après avec une œuvre, inventive, chaleureuse d’un art particulier venu du cœur… mais ce n’est pas parce qu’elle utilise la dentelle à profusion qu’il faut lui parler d »ouvrages de dames….. »
Elle vient de déménager, et n’a rien jeté ! Gage d’œuvres chaleureuses, chargées de souvenirs et de clins d'œil .
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